Réforme territoriale : la fin de l’histoire de France

Publié le samedi 12 mars 2016.

On y arrive et c’est pathétique. Le choix des noms des "nouvelles régions" symbolise la victoire de la technocratie sur l’essence, le vrai, le vivant, le vécu, l’identité, les repères. L’artificiel et le "hors sol" comme avenir de "citoyens désincarnés", simples consommateurs regroupés dans des métropoles sans âme !

L’histoire de France est en voie de disparition, seul le "mythe français" doit subsister.

Le choix du nom de la région "Nord-Pas-de-Calais-Picardie" démontre à l’évidence le chemin pris par les tenants d’une éradication des identités régionales. Ces territoires historiques, dont l’essence et l’origine sont la Flandre, l’Artois et la Picardie devraient, demain, avoir un nom fantaisiste, sans référence autre que géographique : "Terres-du-Nord", "Hauts-de-France", "France-du-Nord". Voila le choix proposé par les lycéens et les apprentis de la nouvelle "grande région" et soumis à sondage...

Quels choix ! Les Côtes-du-Nord ont réussi à se débarasser d’une appellation pénalisante, pour un nom qui fait rêver, les Côtes d’Armor. Entre "terres du nord" ou "France du nord", voire "hauts" insignifiants, quelle représentation et quelle projection les habitants de cet espace pourront-ils développer !

Pour l’Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes, les propositions sont encore plus délirantes : Acalie, nouvelle Austrasie, Rhin-Champagne. Un vrai jeu de "bobos", mais un jeu sur les identités des gens !

Depuis le temps que les jacobins rêvent de faire disparaître toute référence identitaire régionale au profit d’une identité républicaine monolithique avec "sa" langue unique...

L’avenir sera celui des points cardinaux : Terres du nord, terres du sud, terres de l’est, terres de l’ouest ou hauts de France, bas de France, ouest de France, sud de France...

L’étape suivante sera la numérotation des régions, comme les indicatifs téléphoniques : la région n° 1, n° 2, n° 3...

Le résultat sera la destruction de l’histoire d’une construction politique qui a toujours combattu les identités "autochtones" au profit d’un système. Claude Duneton, écrivain occitan, prédisait "la mort du français", "langue en pot" qui n’existe que dans les livres, bichonnée dans les serres de l’académie française.

A force de saper ses propres fondations, de détruire ses traditions et de nier sa propre histoire et sa diversité originelle (notamment les langues et cultures régionales), les citoyens perdent leurs repères.

La nature a horreur du vide, sans racines, un arbre meurt. Changeons !

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