En ne respectant pas "les identités" qui ont fait la France, la France perd "son identité".

Publié le jeudi 15 septembre 2016.

La proposition de ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires, très opportunément ressortie par le gouvernement, le 31 juillet puis en octobre 2015, à l’approche des élections régionales, fait partie des "vieilles lunes" et des "hochets" que le système jacobin agite périodiquement pour mieux les enterrer.

Dans un avis en date du 30 juillet 2015, le conseil d’Etat, considère que la charte européenne des langues régionales ou minoritaires, mettrait en cause "les principes d’indivisibilité de la République et d’unicité du peuple français". Argumentaire classique, déjà développé en 1999 par le conseil constitutionnel.

Ainsi, la France n’a qu’une seule langue et n’est constituée que d’un seul "peuple", d’une seule "ethnie". Conception théorique issue de la négation historique de la réalité française, réalité exprimée par Mirabeau, député provençal, en 1789 : "la France est une agrégation inconstituée de peuples désunis".

Les méfaits de l’artificialité du discours, de la théorie d’un peuple unique et de l’unicité culturelle sont démontrés par la destabilisation de portions entières du territoire emportées par le vote FN.

Le "relativisme culturel", porté par nombre d’intellectuels et de politiques, interdit la reconnaissance de la réalité historique de la construction française, construction politique qui a détruit, combattu et refoulé toutes les cultures des peuples autochtones (Breton, Alsacien, Basque, Corse, Catalan, Occitan ...).

Confronté à une réalité multiculturelle, résultat de migrations désormais ressenties par les citoyens Français (et Européens) comme facteur de perte d’identité, le Conseil d’Etat persiste à nier les cultures, les langues et les identités fondamentales qui font la France au risque de "déraciner" encore plus des individus en perte de sens.

La "métropolisation", les "grandes régions" technocratiques sont les outils d’une destructuration des territoires, mais aussi les vecteurs d’une perte de repères et d’identité.

La France devrait au contraire du discours jacobin, valoriser les cultures, les langues et les racines de ses territoires, qui constituent les meilleurs garants de la préservation de valeurs et de solidarités territoriales.

Le centralisme et l’idéologie jacobine sont anachroniques dans une Union Européenne dont la devise est "l’unité dans la diversité". En France, les plus hautes instances politiques prônent encore et toujours "l’unité dans l’unicité".

Le monde a changé, la société française a changé, les territoires sont destructurés, mais la logorrhée jacobine persiste dans le déni de la réalité.

En ne respectant pas "les identités" qui ont fait la France, la France perd "son identité".

Absurde.

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