Présidentielle 2012 : Surprenante victoire des régions et des régionalistes ?

Publié le samedi 7 avril 2012.

Le premier tour de l’élection présidentielle n’a d’autre but que de faire émerger les deux « héros » du second tour...

4% de l’électorat va décider de l’avenir politique de la France. Contrairement aux idées propagées par les médias, ce n’est ni M. Le Pen, ni J-L Mélenchon qui feront la décision...


Sur l’avant-scène médiatique, s’agitent des candidats (appelés "petits candidats" par les médias) qui représentent la fossilisation du message politique :

-  Trois candidats d’extrême gauche  ! Deux trotskystes anachroniques (P. Poutou et N. Arthaud) et un amuseur public (J-L Mélenchon) qui fait ressurgir un communisme moribond, grâce à des médias complaisants qui ont enfin un bon numéro de cirque à proposer,

-  Deux candidats d’extrême droite  ! L’une dans une partition nationale populiste (M. Le Pen) agite des peurs sécuritaires quand l’autre prône un national protectionnisme à la « Superdupont »(N. Dupont Aignan)

-  Un candidat de nulle part  ! (J. Cheminade), un inconnu dont le programme relève du plus grand mystère public...

Ces farceurs politiques s’agitent sur une scène artificielle comme les fantômes d’un monde et d’une société qui appartiennent déjà au passé. Le résultat, c’est du fait divers politique pour masquer l’absence de véritable projet d’avenir ...

Et que dire de la candidature écologiste, totalement en décalage, et dont le discours multiforme est inaudible dans cette arène totalement formatée, où seule la petite phrase assassine trouve une audience médiatique...

Le monde a changé, la France a déjà changé mais le monde politique comme d’habitude a 20 ans de retard...

2012, la campagne de l’ennui !

Alors que nous votions pour J-L Mélenchon, Eva Joly ou l’un des autres agitateurs de fossiles, n’a réellement aucune importance.

Bien sûr nous pouvons nous faire plaisir et voter F. Bayrou, E. Joly, ou « Breizh ImPacte  », pour avoir bonne conscience et faire semblant d’y croire, mais ce qui compte, c’est le second tour, et là tout le monde sait déjà que l’on retrouvera F. Hollande et N. Sarkozy : Le duel !

L’arène ne comportera plus qu’un ring central qui focalisera une France désabusée.

A l’issue du premier tour, le constat d’un affrontement de deux blocs d’importance égale est inévitable : à peu de chose près ce sera 45% pour la gauche et 45% pour la droite.

F. Bayrou, candidat décalé et non partisan, représentera environ 10% de l’électorat, et c’est cet électorat qui choisira le vainqueur.

Alors après avoir surfé sur les thèses archaïques de J-L Mélenchon ou sur les thématiques haineuses de M. Le Pen, nos deux héros se retrouveront pour séduire les 10% de sociaux-démocrates...

Les sondages indiquent que 30% des électeurs sociaux démocrates voteront à gauche et 30% à droite, ce qui fera passer chaque bloc à 48%, donc toujours égalité ! (Selon Roland Cayrol du CEVIPOF).

Les 40% de l’électorat social démocrate restant (auquel on peut assimiler nombre de ceux qui auront voté blanc ou nul au 1er tour) seront donc les "faiseurs de roi".

Et quelles sont les aspirations de ces électeurs, de ces 4% de votants qui feront la décision ?

Ces électeurs représentent le vote régionaliste modéré favorable à la diversité culturelle des origines de la France, aux langues régionales, au respect des identités et des cultures des régions... Cet électorat modéré est aussi celui de la décentralisation opposé au centralisme et aux excès du jacobinisme...

Sur ce terrain, pour l’instant, c’est F. Hollande qui a pris un avantage certain.

La proposition n° 56 de son programme promet la ratification de la charte européenne des langues régionales et minoritaires, et il s’est exprimé en faveur d’une nouvelle décentralisation (même s’il est toujours handicapé par certains présidents de régions et élus "conservateurs" qui refusent les économies d’échelle et la refonte du "millefeuille administratif").

N. Sarkozy risque fort de payer son discours de Marseille, du 19 février 2012, et sa réforme territoriale symbole d’une recentralisation Etatique...

50 000 manifestants en faveur de la reconnaissance des langues régionales le 31 mars 2012 dans tout l’hexagone, combien de centaines de milliers de personnes concernées ? C’est peut-être là que s’est jouée l’élection présidentielle......

Répondre à cet article


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette