Et si la Bretagne était indépendante !

Publié le mercredi 14 juillet 2010.

Le monde a changé ; l’Europe bouge. De nombreux Etats sont apparus depuis 20 ans (Slovénie, Estonie, Lituanie, Slovaquie, Tchéquie, Croatie, Bosnie, Serbie,...), et des nations se réveillent : Ecosse, Pays Basque, Catalogne, Corse...

Un article de Liam Fauchard dans le magazine Armor, publié par l’Agence Bretagne Presse, ose lancer l’idée d’une Bretagne, 28ème Etat de l’Union européenne.

Rêve, fiction ou prospective ? A vous de juger...


En cinquante ans, la CEE devenue l’Union Européenne est passée de six États membres à vingt-sept avec les élargissements successifs de 1973, 1981, 1986, 1995, 2004 et 2007.

D’autres États continuent à frapper à la porte de l’Union pour y entrer, preuve que le gîte et le couvert européens ne doivent pas être si désagréables que ça.

Au-delà des débats sur l’arrivée de la Bosnie, la Serbie … voire la Turquie, la question se pose ici différemment : comment passer d’une Union éuropéenne à 27 à une Union européenne à 28 sans intégrer un nouvel État et sans modifier le centre géographique de l’ensemble ?

Réponse : en y accueillant un État issu des composantes historiques antérieures, la Bretagne.

On voit d’ici les commentaires dogmatiques « Mais la Bretagne c’est trop petit », « On ne peut pas vivre sans l’Etat français », « C’est la porte ouverte au communautarisme », « Il faut des grandes régions pour peser dans l’UE », etc. Arrêtons-là le bêtisier.

Est-ce que quelqu’un se pose la question de savoir si le Luxembourg, Malte ou la Slovénie sont viables ?

Si l’État breton (à cinq départements, évidemment, le reste c’est du révisionnisme à la soviétique) prenait place au sein de l’Union, avec ses 4,3 millions d’habitants, il serait plus peuplé que Chypre (700 000), Estonie (2,3 M), Lituanie (3,4 M), Lettonie (2,3 M), Luxembourg (475 000), Malte (400 000) et Slovénie (2 M).

Et pour tordre le cou à l’idée de la taille géographique, l’État breton (35 000 km²) serait plus grand en superficie que Malte (315 km²), Luxembourg (2 585 km²), Chypre (9 250 km²), la Slovénie (20 275 km²)… et que la Belgique (30 520 km²) !

Enfin, pour ceux qui n’auraient pas saisi la démonstration, ajoutons qu’aux USA le Connecticut (3,3 millions d’habitants pour 13 000 km²), le Maryland (5 millions et 27 100 km²), le Massachusetts (6 millions et 21 500 km²), le New Hampshire (1,2 million et 24 000 km²)… le Vermont (600 000 habitants et 25 000 km²)… ne sont pas des pays en voie de développement, ne sont pas gigantesques, et bénéficient d’un niveau et d’une qualité de vie manifestes. Ah oui, j’allais oublier, ce sont des États fédérés …

Pouvoir de décision = croissance Qu’apporterait une autonomie / indépendance à la Bretagne et aux Bretons de cœur ? Une prospérité accrue fondée sur une économie alliant la tradition (agriculture, agroalimentaire, tourisme, culture…) et la modernité (nanotechnologies, biotechnologies, sciences de l’information, cognition, énergies variées depuis l’hydrolien jusqu’au nucléaire…). Le calcul montre que le pouvoir de décision chez nous apporterait entre 0,3 et 0,5 point de croissance supplémentaire chaque année.

Une justice sociale plus ferme. Les Bretons ont chevillé au corps le principe de solidarité et gagneraient à pouvoir construire des mécanismes de Protection Sociale originaux, à la fois dynamiques (ne pénalisant pas l’entreprenariat) et originaux, en s’inspirant du Danemark, par exemple.

Une liberté culturelle affirmée permettant à la création sous toutes ses formes de s’exprimer et de participer à la prospérité du pays via des exportations de savoir-faire, des productions autonomes génératrices de valeur ajoutée (comme au Pays de Galles), des alliances croisées avec d’autres régions d’Europe… et d’ailleurs.

Économie, social, culture, voici les trois piliers essentiels soutenables pour le 21e siècle. Ce sera ardu, ce sera source de discussions acharnées, mais ce seront nos projets, nos échecs, nos responsabilités !

Papa État – Papa parti Alors que faire ? Plusieurs évolutions sont possibles, plusieurs processus préexistent pour atteindre cette situation (autonomie / indépendance), que ce soit une décentralisation, une dévolution, une fédéralisation, etc. Mais ce qui reste à faire, c’est aux Bretons de décider par eux-mêmes et ne plus attendre que « papa État » dise ce qui est bien de faire et ce qui n’est pas bien, ou que « papa Parti » inféodé aux intérêts parisiens le dise, ou que « maman Région », etc. Ce que j’ai appris en Bretagne c’est la qualité des projets et le fait que, de temps à autre, les Bretons ont décidé d’agir seuls sans demander l’autorisation à quiconque ; à l’instar du mouvement Diwan ou du festival des Vieilles Charrues.

J’ai déjà écrit ici que je préfère l’indépendance, appliquant les adages que m’a confiés ma mère dans mon enfance « Qui peut le plus peut le moins » et « Abondance de biens ne nuit pas ». Mais au-delà, où est-il écrit que les Bretons doivent attendre tout le 21e siècle le nez au vent que l’on décide à leur place ?

Liam Fauchard

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