Réponse de Christian Guyonvarc’h aux contradictions de Jean-Marc Ayrault

Publié le mardi 17 mars 2009.

J-M Ayrault, maire de Nantes/Naoned, dit "non" à la réunification de la Bretagne (cf article "Ouest France" en lien ci-dessous).

C. Guyonvarc’h, vice président UDB de la région Bretagne met en exergue les contradictions du "Baron" nantais...


Jean-Marc Ayrault est un opposant à la réunification administrative de la Bretagne, c’est son droit.

Dans le débat en cours sur la réorganisation des territoires il s’attache à préserver les intérêts de Nantes et de son agglomération ; c’est son devoir et nul ne pourrait le lui reprocher.

Pour autant l’entretien qu’il a accordé à Ouest-France (édition du 17 mars 2009) laisse apparaître de nombreuses contradictions qui ne contribuent pas à éclairer ce débat.

S’il est bien vrai que l’efficacité d’une organisation territoriale « ce n’est pas une question de taille mais de compétences et de moyens », il est contradictoire de mettre en avant l’efficacité d’un land allemand, la Sarre, qui est à l’échelle de la Loire-Atlantique tout en qualifiant d’ « étriquée » une Bretagne réunifiée de 4,3 millions d’habitants, soit la population de la Norvège ou de l’Irlande, et plus vaste que la Belgique.

Il est tout aussi contradictoire de brandir la « nantitude » (néologisme qui en étonnera plus d’un) et de laisser entendre que l’identité, quand elle est bretonne, aurait quelque chose d’infâme.

Les entreprises de Loire-Atlantique qui adhèrent à l’association « Produit en Bretagne » ont depuis longtemps compris que l’identité bretonne était un vecteur de promotion incomparable, un atout pour aujourd’hui et pour demain.

Il est toujours contradictoire de prétendre unir les forces des villes bretonnes (Rennes, Nantes, Brest, Quimper sont citées) et vouloir maintenir un découpage régional imposé par l’Etat et qui prive ces villes d’un espace politique de concertation. Jean-Marc Ayrault aurait-il déjà oublié ce qu’il en a coûté à Nantes comme à Brest de ne pas avoir porté ensemble un projet de candidature commun pour l’obtention du siège de l’Agence européenne de sécurité maritime ?

Enfin il est contradictoire de poser la question « les Nantais se considèrent-ils comme Bretons ou avant tout comme Nantais ? » et prétendre qu’il serait « antidémocratique » de ne pas conditionner la réponse à la question « souhaitez-vous la réunification administrative de la Bretagne ? » au vote des citoyens de territoires qui ne sont aucunement bretons.

Poser la question de la réunification et organiser sa mise en oeuvre sont deux étapes distinctes qui ne peuvent pas engager les mêmes territoires.

Dans une démocratie authentique c’est évidemment aux citoyens de la Loire-Atlantique de trancher la question de la réunification, librement.

Le législateur a le pouvoir d’agir en ce sens en initiant un projet de loi qui organise une consultation populaire à l’échelle de la Loire-Atlantique, comme la Constitution (article72.1) le lui permet depuis 2003.

Christian GUYONVARC’H

vice-président du Conseil régional de Bretagne

chargé des affaires européennes et internationales

initiateur et membre de la commission mixte

Conseil régional de Bretagne - Conseil général de Loire-Atlantique

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