La France reconnaît le Kosovo comme un "Etat" : Quel statut pour la Bretagne ?

Publié le mercredi 20 février 2008.

A l’instar des Etats-Unis, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne ou de l’Italie, la France vient de reconnaître le Kosovo comme Etat souverain et indépendant. Cette décision contraste singulièrement avec le refus persistant de l’Etat français d’ouvrir le débat sur les évolutions institutionnelles dont la Bretagne a besoin pour s’affirmer dans le concert des grandes régions d’Europe.

Le statut de la Bretagne aujourd’hui est celui d’une sous-région de France.

Si l’expression peut choquer, elle correspond à une double réalité :

- Celle d’un territoire démembré, puisque les lois dites de décentralisation qui se sont succédées depuis 1982 ont toutes entériné l’acte antidémocratique de séparation de la Loire-Atlantique du reste de la Bretagne posé par le régime de Vichy le 30 juin 1941.

- Celle d’un statut inférieur qui est celui de la Bretagne dans la France de 2008, au regard des ressources de l’institution régionale. L’Etat prive la Bretagne administrative chaque année de l’équivalent de 240 millions d’euros, soit un quart de son budget actuel.

La région Bretagne dispose parmi toutes les régions métropolitaines (hormis la Corse) du plus faible potentiel fiscal par habitant, et l’Etat ne vient nullement compenser ce désavantage puisqu’il lui verse les dotations par habitant les plus faibles. Les Bretons aspirent à la déclinaison en france de la devise de l’Union européenne, « Unie dans la diversité ».

Ils veulent être reconnus et respectés pour ce qu’ils sont : un peuple doté d’une longue histoire, d’une culture à la fois singulière et plurielle, d’une identité linguistique où le français, le breton et le gallo forment un patrimoine indissoluble, d’un esprit ouvert au monde qui se traduit entre autres par une multitude de rencontres interculturelles.

Ils veulent que cet héritage collectif soit protégé juridiquement, reconnu dans l’espace public et transmis à leurs enfants, notamment dans les écoles de la République. Seule une régionalisation authentique, c’est-à-dire négociée entre l’Etat et les représentants élus de la Bretagne, y parviendra

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Christian GUYONVARC’H

vice-président du Conseil régional de Bretagne chargé des affaires européennes et internationales

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